
« There is a crack, a crack in everything
That’s how the light gets in »
Leonard Cohen, Anthem
Je ne prétends pas communiquer mieux que mes semblables. Je fais des fautes, je n’ai pas de prétention scientifique et je suis conscient de ma propre errance…
Alors, dans ces circonstances, pourquoi publier ce que je pense dans un carnet? Pourquoi écrire, quand nous nous noyons déjà dans le torrent de mots de la révolution de l’information? Quand moi-même, le soir, je reviens les yeux fatigués d’avoir trop lu, sur des écrans, ce flot incandescent de lettres et symboles?
Premier motif, parce que le besoin intérieur de penser et de communiquer sa pensée, même si celle-ci doit rejoindre le grand vide cosmique, demeure ancré dans la conscience, du moins dans la mienne, comme si cette pulsion était une condition de l’existence humaine.
Laisser une marque, faire émerger une forme tangible de nos ruminations intérieures, faire passer un peu de lumière aussi à travers les fissures des choses et de nos vies brisées, cela me paraît inévitable. D’où cette image du soupirail et du rossignol. Nous pouvons enfermer la conscience dans le cachot d’une vie conditionnée, mais il en sortira toujours un souffle de vie insoumise et gémissante par le soupirail de l’écriture. Et puis, qui sait, un peu de vent et de lumière pourraient aussi y entrer…
Deuxième motif, l’arrivée de l’artificielle intelligence, celle qui bientôt réduira drastiquement, sinon fera disparaître pour toujours, notre faculté d’écrire, en tant qu’humain, pour l’être humain.
Il semble assez clair maintenant que le développement technologique actuel fera de l’écriture ce que la révolution industrielle a fait du transport ou du textile au 18e siècle: l’écriture sera automatisée comme la production industrielle fut autrefois surchauffée à la vapeur et mécanisée.
Il faut donc, envers et contre tout, défendre la place de l’humain dans l’écriture, défendre l’écriture humaine, pour que la pensée demeure, mais aussi la sensibilité, l’émotion, la création imparfaite et spontanée. Cette lumière dans nos lampes fêlées, l’âme humaine, doit continuer de briller. («Enivrez-vous! » disait Baudelaire; moi je dis «Écrivez-vous! »).
Ainsi, vous pouvez lire ici ce qui m’anime sur différents thèmes (catégories): la société, le droit et la justice, l’art, la philosophie, la religion et la spiritualité, et ce qui concerne l’humanité et le coeur humain plus particulièrement – amour, souffrance, héroïsme, sacrifice et domination. Mais, à la fin, les thèmes restent secondaires; ce qui importe est la lumière qui en émerge…
Enfin, un mot sur la forme adoptée pour ce carnet. Notre habitude des « microblogues » et des écrans, le tsunami d’informations qui s’est abattu sur nous, ayant causé cet épuisement à petite dose de nos cerveaux, les articles de mon carnet seront courts et ne dépasseront pas, en principe, une page environ. J’en fais une question de principe. Pour des textes plus longs, le cas échéant, j’ajouterai des essais dans une autre section.
(27/11/24)
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Philippe L. Denault ©

